Après avoir percuté un mammifère, porté assistance à un concurrent, fait escale pour réparer, Marc Guillemot et Safran connaissent une nouvelle péripétie. Dans la nuit de hier, lundi, le rail du mât de Safran s’est arraché à une position différente de la première casse. La réparation effectuée samedi dernier n’est pas en cause. Quant au moral, il reste bon, pas question de baisser les bras pour le skipper trinitain.
« Je n’ai pas envie de pleurer et que l’on s’apitoie sur mon sort ». A la vacation du jour, Marc Guillemot montre une nouvelle fois sa belle force de caractère. Pourtant, la nuit dernière a été noire dans tous les sens du terme. Alors que Safran avait retrouvé son allant en naviguant grand-voile haute, suite à la réparation effectuée samedi dernier lors de son escale à Auckland Islands, un nouveau problème est apparu. « Le rail s’est arraché cette fois-ci au niveau du ris 1. C’est le même problème qui était survenu au niveau du ris 2. Il y a manifestement une grosse faiblesse… »
Ne pas baisser les bras
Pour évacuer la déception qui montait en lui, Marc s’est lancé dans la manœuvre : Affalage de la grand-voile, repositionnement du chariot de têtière sur son rail puis re-hissage de la voile jusqu’au troisième ris... Et tout cela dans un temps record. « Me rapprocher des autres va être plus difficile maintenant, mais je vais continuer à aller le plus vite possible malgré ce handicap ». La prochaine terre se nomme la Terre de Feu avec à sa pointe le cap Horn encore distant aujourd’hui de 4 200 milles, soit une douzaine de jours de navigation. « J’ai laissé mes deux ancres au fond de la baie d’Auckland Island, mais ce n’est pas un problème, j’ai déjà des idées pour effectuer quand même un arrêt », signale Marc. Pour mémoire, rappelons qu’il y a 8 ans, Roland Jourdain, actuellement en deuxième position, s’était lui aussi arrêté peu après le cap Horn pour réparer également son rail de grand-voile endommagé.
D’émotions en émotions
Marc est forcément désabusé par ce nouveau coup du sort, mais il n’est surtout pas abattu. « On a mis trop d’énergie pour venir jusqu’ici pour baisser les bras maintenant. J’ai dit que je ferai tout mon possible pour arriver aux Sables d’Olonne et mon objectif n’a pas changé. J’y arriverai ». Depuis le départ il y a maintenant 51 jours, le skipper de Safran sera passé par toute une palette d’émotions, les bonnes comme les mauvaises. « Entre mon choc avec un cétacé, l’assistance à Yann, puis ces histoires de rails, c’est vrai que je suis servi. Je ne pensais pas trouver autant de richesses sur cette course et je suis sûr qu’il y en a plein d’autres à venir ». A bord de Safran, la course continue envers et contre tout.
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