Presse

Safran, premier aux Caraïbes

Le 20/11/2009 - 15h32

En tout début de matinée, Safran a conclu sa traversée de l’Atlantique en moins de 12 jours, dont 8 passés en tête de flotte. Le duo Guillemot - Caudrelier Benac entame le dernier tronçon de cette Transat Jacques Vabre avec 40 milles d’avance sur le deuxième.

La vie sous les alizés est tout sauf une sinécure pour les marins, surtout à l’approche des îles. Grains puissants, pluie et trou de vent engendrent une navigation tendue et nécessitent une vigilance de tous les instants. La nuit dernière, Marc Guillemot et Charles Caudrelier Benac ont tout fait pour rester dans le bon couloir de vent, ils ont donc effectué plusieurs empannages pour se faufiler sous l’île de La Guadeloupe et celle de Marie-Galante. « Je suis claqué ! Depuis hier soir, on n’arrête pas de manœuvrer. Là, je vois encore Les Saintes, on va ré-empanner dans pas longtemps. On sera vraiment sorti d’affaire dans trois à quatre heures, quand les îles seront suffisamment loin pour ne plus perturber le flux général de l’alizé » avouait Marc ce vendredi matin.

Une traversée express

Marc et Charles sont entrés en mer des Caraïbes après 11 jours et 18 heures d’un âpre combat en océan Atlantique. Ce temps de parcours peut être rapproché, à distance comparable, de celui du dernier vainqueur de la Route du Rhum (Saint-Malo – Pointe-à-Pitre). En effet, Roland Jourdain avait mis 12 jours et 11 heures pour boucler en solitaire la course en 2006. Une traversée express dont Marc ne se délecte pas pour le moment « cela ne me fait pas grand chose de quitter l’Atlantique. Ce n’est pas comme si on venait de passer le cap Horn. Là, cela ne change pas la donne, on reste dans l’alizé ».

Prime au physique

Le dernier tronçon de cette Transat s’annonce plus physique que stratégique d’après Sylvain Mondon, ingénieur Météo France attaché au Safran Sailing Team. « L’alizé va rapidement s’orienter plein est, pour 10 à 15 nœuds. Cela veut dire qu’il faudra enchaîner les bords de portant pour rejoindre l’arrivée. Dans la mer des Caraïbes, l’alizé fluctue beaucoup, avec de très nombreux passages de grains. Il y aura énormément de manœuvres à faire. Dorénavant, la tactique ne compte plus vraiment, c’est le physique qui va jouer, avec l’indispensable part de chances ! Il n’y a rien de plus aléatoire qu’une ligne de grains. Elle peut faire perdre ou gagner de nombreux de milles sans que les marins y soient pour grand chose ». D’après Sylvain, cette Transat devrait se conclure pour les premiers entre le mardi 24 et le mercredi 25 novembre prochains.