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Safran 6e à Puerto Limon, le bilan de Marc Guillemot et Yann Eliès

Le 19/11/2011 - 11h55

Marc Guillemot et Yann Eliès ont posé pied à terre au Costa Rica ce samedi matin 19 novembre. Safran a franchi la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre en 6e position à 10h 27mn et 52 sec (heure française). Leur temps de course est de 16 jours, 19 heures 27 minutes et 52 secondes. Vitesse moyenne sur le parcours théorique : 11,72 nœuds. Marc Guillemot et Yann Eliès font le bilan.

(c) Jean-Marie Liot/DPPI/Safran
© Jean-Marie Liot/DPPI/Safran

Marc, ta réaction après cette 6e place ?
« D’abord on est toujours contents d’arriver à l’issue d’une course dans laquelle il a vraiment fallu se battre, du début à la fin. Ce n’est pas forcément la place visée au départ, mais comme tous ceux qui avaient la prétention de vouloir gagner ! On arrive 6e, satisfaits de nous être bien battus. Nous avons fait de petites erreurs, eu des petits soucis techniques à régler, cet arrêt que nous avons finalement annulé au dernier moment… »

Finalement ne pas faire escale technique à Saint-Domingue était donc la bonne décision…
«  S’arrêter c’était certes repartir avec un bateau d’aplomb… mais pour jouer la dernière place. En continuant avec le bateau un petit peu handicapé, nous savions que nous pouvions malgré tout reprendre quelques bateaux, nous avons même imaginé un moment la 5e place. C’était plus satisfaisant que regarder tout le monde couper la ligne d’arrivée, donc pas de regret là-dessus. Je pense qu’on a bien navigué, malgré notre erreur de partir au sud en début de course. »

Le positif ? Le négatif ?
« Le gros point positif, c’est terminer encore, sans abandonner. Safran est un des seuls à avoir fini toutes ses courses. L’autre chose est que nous sommes restés combatifs jusqu’au bout, même loin des leaders après l’anticyclone, et jusqu’à la ligne d’arrivée. Le seul point négatif finalement, c’est de décider de préserver le bateau en jouant sécurité lors du deuxième passage de front. Mais à la suite du passage de la première dépression où il y a eu beaucoup de casse, je me suis dit que le bateau allait souffrir énormément. La mer était infecte, les bateaux tapaient très violemment. On a préféré jouer la sécurité, finir la course plutôt que le classement. On perd là-dessus, sur un petit coup de frilosité qui n’est pas dans nos habitudes, mais on assume. Pour gagner il faut bien doser les risques, nous avons peut-être trop limité cette dose. »

« J’ai encore appris »

Un mot sur les vainqueurs, Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou ?
«  Ils ont bien joué en allant chercher la dépression dans le nord. Jean-Pierre et Jérémie ont été les moins frileux, les plus attaquants. Leur victoire est donc juste. C’est marrant car elle ressemble en tous points à la nôtre avec Safran voilà deux ans. Quasi dans le même temps, avec le même écart aux poursuivants. »

Dans moins d’un an ce sera le Vendée Globe. Es-tu satisfait des performances du bateau ?
«  Je suis très content ! D’abord, par la force des choses on a pu voir que le bateau marchait très bien sous pilote, ce qui est primordial sur le Vendée. Le second point positif est qu’on a dû utiliser des voiles comme le gennaker alors que les autres étaient sous spi et qu’on ne s’en sort pas si mal. La course a été très enrichissante, on apprend toujours sur son bateau et j’ai encore appris ! Je suis sûr que cette course va m’apporter un énorme plus pour le Vendée Globe, dans un an. »

La vie à bord avec Yann ?
« Il est près de moi donc je ne peux pas dire de bêtises (rires) ! Sérieusement, tout s’est bien passé entre nous. Je crois qu’on ne va pas se faire la gueule en sortant du bateau… »

L’avenir immédiat ?
« Quelques jours de repos au Costa Rica, ne feront pas de mal. Puis je repartirai en solo le 5 décembre sur la Transat B to B de Saint Barth’ à Lorient. C’est une course qualificative pour le Vendée Globe… Safran est déjà qualifié mais je tiens à la faire car ce sera un excellent entraînement pour le Vendée Globe ! »

Yann Eliès : « Marc a un bateau pour gagner le Vendée Globe »

Yann, ce duo avec Marc ?
« D’abord content, car on a vu que ce n’est jamais gagné d’avance d’arriver de l’autre côté ! Avec Marc, on a su créer une certaine osmose dans les prises de décision, la façon de fonctionner, le rythme du bord, l’intensité. Tout ça est positif, même si 6e est un peu en-deçà de nos objectifs. La prise de décision tactique aux Açores a été un peu frileuse… et en même temps louable, puisque nous avions décidé d’abord de privilégier le bateau et de ne pas monter trop nord dans la dépression. »

Humainement ?
« J’ai eu beaucoup d’expériences en double qui se sont plus ou moins bien passées… mais aujourd’hui s’il y a bien quelqu’un avec qui j’ai envie de repartir, c’est vraiment avec Marco ! A tel point que je me verrais bien faire un tour du monde en double avec lui, alors que jusqu’ici je m’étais toujours refusé à cette éventualité. »

Tes projets ?
«  J’espère toujours pouvoir être au départ du Vendée Globe, moi aussi. Si ça ne se concrétise pas, pourquoi pas revenir sur le circuit Figaro. »

Un mot sur le bateau, Safran : qu’en penses-tu à la lumière de cette Transat ?
« C’est un super bateau. Si je devais en choisir un pour le tour du monde ce serait celui-là ! C’est le meilleur ratio puissance/maniabilité, très adapté à la navigation en solitaire, très performant. Je pense que Marc a entre les mains un bateau pour gagner le Vendée Globe. »