À 1 500 milles de l’arrivée, la flotte des monocoques Imoca trace une grande ligne droite vers les Antilles dans un vent soutenu et une mer dure par le travers. Marc Guillemot et son monocoque Safran ont « bombardé » toute la nuit pour aligner les milles...
Nuit animée pour la flotte des Imoca sur la route Nord : le vent est monté, puis a légèrement molli pour reprendre encore plus de souffle ! Les solitaires ont dû manœuvrer beaucoup dans des conditions de navigation de plus en plus délicates avec un vent de secteur Est tournant doucement vers le Sud-Est. Mais surtout avec une mer formée de travers qui rend les déplacements sur le pont particulièrement difficiles et la vie dans le cockpit extrêmement humide. Marc Guillemot a poussé son monocoque dans ses derniers retranchements et malgré un gros vrac dans la nuit, le bilan est positif ce dimanche midi puisque Safran est positionné quatrième à cent milles du leader.
Deux manivelles à la mer !
« J’étais sous spi depuis hier matin malgré les rafales à 38 nœuds : Safran est même monté à 29,5 nœuds ! Et je n’ai pas barré une seconde… Dans la nuit, le vent a molli un peu et j’ai pu aller dormir. Mais après minuit, le vent a forci et c’est devenu difficile pour le pilote de suivre avec la mer plus par le travers. Il y avait de nouveau jusqu’à 33 nœuds et j’étais à l’intérieur en train de manger quand le bateau est parti à l’abattée ! J’ai réussi à récupérer le bateau, à empanner de nouveau pour libérer le spi qui s’était enroulé autour de l’étai, mais j’ai perdu deux manivelles de winch… Je suis reparti encore deux heures sous spi, mais ça devenait de plus en plus chaud : j’ai affalé et c’était acrobatique pour descendre la voile avec la chaussette qui s’est enroulée autour de l’étai… Mais ça a marché et maintenant je suis sous grand-voile à deux ris et trinquette. Le vent a commencé à tourner au Sud-Est et je fais route vent de travers entre 16 et 23 nœuds. Il faut que je profite de ces conditions stables pour manger et dormir. » indiquait Marc Guillemot ce dimanche à 11h30.
Pas d’option pour l’instant
Au pointage de ce dimanche midi, l’impression que la flotte des « Nordistes » se scindait en deux groupes n’était plus aussi évidente comme l’analysait le skipper de Safran : « En fait, mes concurrents n’ont pas tous suivi la même route parce que cela dépend de la toile que tu portes : si tu es sous génois ou gennaker, tu lofes plus et si tu es sous spi, tu as une route plus vers l’Ouest. Mais je ne suis pas sûr que la flotte se scinde en deux : il faut attendre un peu pour voir s’il y a réellement des options prises. Pour les 24 heures à venir, nous devrions rester vent de travers puis on va piquer droit sur les Antilles. Et la fin de course s’annonce assez ouverte : le petit temps qui va régner sur les îles va complexifier l’affaire ! Je profite de ce dimanche pour me reposer un peu et réfléchir à la suite… »
L’heure est donc à la récupération car les quatre jours à venir vont être menés sur un rythme très différent : après le vent de travers musclé qui est prévu jusqu’à lundi midi, la brise va progressivement diminuer en tournant au secteur Sud à Sud-Est. Marc Guillemot va donc devoir faire du près dans un flux modéré faiblissant, puis se posera la question de la trajectoire à suivre pour anticiper les calmes qui se développent au large de l’arc caraïbe...
Classement à 12h00 le 07 novembre 2010 :
1- Roland Jourdain à 1 400 milles de l’arrivée
2- Vincent Riou à 82 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h à 96 milles du leader
4- Marc Guillemot (Safran) à 100 milles du leader
5- Jean-Pierre Dick à 149 milles du leader
6- Christopher Pratt à 211 milles du leader
7- Michel Desjoyeaux à 421 milles du leader
8- Arnaud Boissières à 424 milles du leader
Abandon - Kito de Pavant