Le 23 novembre 2007
La Transat Jacques Vabre est à peine terminée - avec une superbe deuxième place – que déjà sonne l’heure des bilans pour le Safran Sailing Team. Marc Guillemot et Charles Caudrelier ont fait le point après cette première transat et commencent à réfléchir aux axes de travail des prochains mois.
Marc Guillemot résume ainsi ce qu’il retire de sa première grande expérience à bord de son nouveau bateau : « J’ai l’impression d’avoir énormément appris sur ce bateau et sur la façon de fonctionner à bord. J’envisage le Vendée Globe beaucoup plus sereinement aujourd’hui qu’il y a trois semaines. La Transat Jacques Vabre était une étape essentielle pour l’objectif du Vendée Globe. Sur la course, je m’aperçois qu’on a fait une bonne première semaine en tête, mais que nous étions un peu conservateurs, peut-être trop prudents. A tort, puisqu’on finit deuxième, à raison si on avait terminé premier. Et paradoxalement, la deuxième semaine a été plus passionnante alors qu’on ne jouait plus les premiers rôles, mais on était à l’attaque et on n’a rien lâché malgré notre problème de spi. »
« SAFRAN est un monocoque aux lignes assez radicales, analyse pour sa part Charles Caudrelier. Les choix architecturaux, qui étaient audacieux, se révèlent bien plus positifs que prévus. Je pense que SAFRAN est le plus performant de la flotte. C’est rassurant pour le projet et pour Marc ».
Une super machine de course
Quels sont les premiers enseignements concernant le bateau ?
« SAFRAN est vraiment une super machine de course, explique Marc. Il s’est montré très rapide au reaching et au travers. Nous étions un peu moins à l’aise dans les petits airs sous spi. Mais je pense que ce n’est pas lié au bateau, plutôt à la coupe des spi. On va améliorer ce point-là. Il faut se faire mal pour aller au maximum de son potentiel, mais à chaque fois, ça paie. On a une vitesse supérieure aux autres. C’est très encourageant et satisfaisant de voir les efforts récompensés. C’est vraiment un bateau réussi. » « Pour preuve, au vent de travers, après le Pot au Noir, SAFRAN était toujours plus rapide que tous les autres d’au moins 0,5 nœud », ajoute Thierry Brault, team manager du Safran Sailing Team.
Pascal Chadail, chef de projet, dégage plusieurs axes d’amélioration : « Ce bateau a un fort potentiel, mais on va continuer à travailler pour ne pas se faire rattraper. Un bateau, ça vit et ça s’améliore au fil des mois et des années. Nous avons lancé avec les architectes quelques études complémentaires, ainsi que la réfection de certaines pièces que l’on voudrait fiabiliser. Pour sa part, le Groupe SAFRAN a principalement travaillé sur la quille, l’hydraulique et les batteries lithium/ion. Ces trois éléments ont totalement rempli leur mission. Nous sommes extrêmement satisfaits de la quille qui s’est particulièrement bien comportée. Cela dit, on ne s’interdit pas de l’optimiser encore. »
Un superbe travail d’équipe
Ce résultat sportif est l’aboutissement d’un superbe travail d’équipe de la part de tous les acteurs qui ont œuvré sur le monocoque SAFRAN : les architectes, les constructeurs, l’équipe technique, les salariés des sociétés impliquées dans la construction du bateau, Sylvain Mondon, le routeur météo, et bien évidemment les deux skippers, Marc Guillemot et Charles Caudrelier, dont le courage, l’intelligence tactique et la ténacité ont impressionné bien au-delà des seuls passionnés de course au large.
La semaine prochaine, Marc Guillemot prendra le départ de la Transat « Ecover B to B », de Salvador de Bahia en direction de la Bretagne. La course retour en solitaire, qualificative pour le Vendée Globe 2008.