A quatre jours du départ de la Transat Jacques Vabre, Marc Guillemot revient sur les différences entre le double et le solitaire, et explique comment il s’organisera avec Charles Caudrelier Benac à bord de Safran pendant la course.
Alors que Safran est fin prêt pour le grand départ de dimanche vers le Costa Rica, Marc Guillemot revient sur les différences entre une course en solitaire comme la Transat Anglaise ou le Vendée Globe et une épreuve en double comme cette Transat Jacques Vabre. Premier point – pas si anecdotique – « il faut deux fois plus d’avitaillement ! » Deux fois plus de vêtements et de nourriture, il faut donc embarquer deux fois plus de poids sur ce poste que pour une course en solitaire.
Bateau à fond en permanence
Un handicap tout à fait relatif puisque « en double on va plus vite qu’en solitaire ! En solo, on est obligé de confier le bateau au pilote automatique quand on va dormir. En double, il y en a toujours un qui veille à la bonne marche du bateau, à sa vitesse, aux réglages. Je dirais qu’en solo on atteint 80% du potentiel du bateau, alors qu’en double ou en équipage, on est vraiment proche de 100% ».
Organisés en quarts
Ne pas croire pour autant que « le double, c’est deux fois du solo », comme le voudrait une idée reçue du milieu de la course au large. « Ce n’est pas tout à fait exact, déjà parce que l’on fait toutes les manœuvres à deux. Mais l’intérêt du double c’est aussi d’avoir un deuxième avis sur tout ce que l’on fait : les réglages, la marche du bateau, la navigation… et ceci en permanence » explique Marc Guillemot.
Avec Charles Caudrelier Benac, les deux hommes seront organisés en quarts de deux heures, et ceci 24 heures sur 24. « C’est important car il ne faut pas perdre de vue qu’un des objectifs est de rester en forme et lucides le plus longtemps possible. On va mettre en place cette organisation dès le départ, car je sais d’expérience que dans les premiers jours de course, on ne se sent pas fatigué et donc on peut avoir tendance à se mettre dans le rouge, ce qui se paie tôt ou tard ».
Les deux hommes seront donc ensemble sur le pont pour toutes les manœuvres : virements, empannages, changements de voiles, prises et renvois de ris, éventuelles réparations, etc. Ils prendront à tour de rôle la réception des fichiers météo, matin et soir. Les décisions météo, justement, sont prises en dernier ressort par Marc Guillemot, mais donnent lieu à un échange permanent avec Charles Caudrelier Benac, dont la navigation est un des points forts. Voilà deux ans, la collaboration des deux hommes avait été un modèle du genre. Y compris côté relations humaines… encore un aspect non négligeable lorsqu’on part pour environ dix-sept jours de mer, à vivre en permanence ensemble dans un endroit restreint. « On se connaît bien maintenant et nous avons le même objectif » assure Marc Guillemot. Et cet objectif - lié à leur belle 2e place en 2007 - est limpide : « faire mieux que deuxième … »