Tour à tour compétiteur, sauveteur en mer, envoyé spécial, mécanicien en chef et pour finir équilibriste distingué prenant soin de ramener à bon port son bateau dépourvu de quille - tout en décrochant une place méritée sur le podium – le skipper de Safran force l’admiration de tous. Voici en résumé les grands moments de son tour du monde en solitaire.
Tour à tour compétiteur, sauveteur en mer, envoyé spécial, mécanicien en chef et pour finir équilibriste distingué prenant soin de ramener à bon port son bateau dépourvu de quille - tout en décrochant une place méritée sur le podium – le skipper de Safran force l’admiration de tous. Voici en résumé les grands moments de son tour du monde en solitaire.
Aux avant-postes jusqu’aux Canaries
Le 9 novembre 2008, à 13h02, Safran s’élance aux côtés des 29 autres prétendants au titre suprême des marins solitaires. Marc Guillemot fait alors partie de la quinzaine de favoris pour cet Everest des mers déjà proclamé « course du siècle ». Tout va bien alors pour le Trinitain qui pointe en tête, d’autant plus qu’il négocie parfaitement le coup de tabac sur le golfe de Gascogne alors que 4 bateaux sont déjà mis au tapis. Du côté des Canaries, à une soixantaine de milles de l’île de La Palma, on le croît à l’abri du dévent de l’archipel mais Safran tombe dans un trou sans vent. La sanction est lourde et immédiate : 200 milles de retard sur la tête de course. Marco va devoir cravacher.
Scélérat cétacé
Marc ne baisse pas les bras. Sa ténacité sera sa signature tout au long de ce tour du monde. Il s’accroche pendant toute la descente de l’Atlantique dans le peloton des chasseurs, grappille mille après mille. A l’attaque de l’Océan Indien, la régate planétaire bat son plein. Marc ne lâche rien quand, le 11 décembre, il percute violemment un cétacé. « Le bateau est passé de 20 nœuds à zéro, la dérive tribord est cassée » explique le skipper de Safran… qui ne se doute pas encore que la quille est entamée elle aussi. On se félicite alors de la bonne idée d’avoir embarqué une dérive de secours, que Marc met en place dans la foulée. Cette semaine-là, le skipper de Safran tente un joli coup stratégique dans le grand Sud. Le 16, il est en passe de réussir ce pari et de croiser avec Vincent Riou et Armel Le Cléac’h quand une partie du rail de grand voile s’arrache. Safran est contraint dès lors à naviguer sous voilure réduite.
L’incroyable sauvetage de Yann Eliès
Mais le 18 décembre, tout bascule. La course passe dans une autre dimension. Yann Eliès s’est gravement blessé, à 800 milles dans le sud de l’Australie et attend les secours, souffrant atrocement dans l’habitacle de son Generali. Fémur cassé, bassin et vertèbres brisés. Marc se déroute immédiatement. « Je ne lâcherai pas Yann » déclare-t-il aussitôt, « la course est une chose, la vie humaine en est une autre, bien plus importante ». Lui même grièvement blessé 20 ans plus tôt dans l’accident du multicoque Jet Services IV, le skipper de Safran arrive sur la position de son ami blessé, rassure sa famille en direct à la télévision, tente de lui envoyer des médicaments au prix de manœuvres insensées. Marc Guillemot se transforme en grand reporter pour raconter à tous l’incroyable sauvetage, renseigne à la fois Yann, les sauveteurs Australiens et la direction de course sur l’évolution de la situation. Yann dira aux Sables d’Olonne deux mois plus tard : « sans lui, je n’aurais jamais eu la force d’aller chercher mes médicaments. Quelque part je lui dois d’être en vie ». L’émotion est énorme, les yeux rougissent. Les images tournent en boucle sur les télévisions du monde entier. Les deux jours de ce sauvetage au milieu de nulle part entrent de plain-pied dans la légende du Vendée Globe. Touché et touchant, Marc tempère : « n’importe quel marin aurait fait la même chose ». Mais il fallait voir Yann et Marc se serrer dans les bras l’un de l’autre, à leur retrouvaille, pour comprendre que ces deux-là sont liés à jamais.
Un demi-tour du monde sans voile haute
Yann évacué vers Perth par la Marine australienne, Marc reprend la course, voilure toujours réduite. Commence alors un match dans le match avec Samantha Davies, duel courtois et haletant qui durera… jusqu’aux Sables d’Olonne ! Mais pour le moment, il faut tenter de réparer. Après plusieurs essais périlleux et infructueux en mer, ce sera un premier arrêt aux îles désertes d’Auckland, le jour de Noël, sous le regard indifférent de centaines d’éléphants de mer. « Un moment incroyable », dira Marc plus tard « où deux mondes totalement différents se sont approchés sans se croiser ». Le Pacifique va être avalé à vitesse grand V malgré une grand voile toujours arrisée. On dénombre déjà 12 abandons avant ceux de Sébastien Josse, puis de Derek Hatfield et de Jean-Pierre Dick. Safran encaisse alors dépression sur dépression, affronte des creux énormes, des vents de plus de 50 nœuds. Le 12 janvier - alors que Vincent Riou et Jean Le Cam ont abandonné suite au chavirage de VM Matériaux puis au démâtage de PRB – c’est une première délivrance : Safran passe le cap Horn à 8h31, en 5e position après Desjoyeaux, Jourdain, Le Cléac’h et Samantha Davies. Mais Marco est en réalité 4e, puisque le jury international lui a accordé 82 heures de bonus pour le sauvetage de Yann Eliès, contre 32 heures pour Samantha qui s’était déroutée elle aussi.
Nouvel arrêt aux Malouines
Reste que le rail de grand voile s’est de nouveau arraché et que Marc doit s’arrêter une deuxième fois. Ce sera aux Malouines, sous les yeux cette fois de passagers de paquebots et de pêcheurs. Marc repart quelques heures plus tard en ayant consolidé son brélage de fortune (il fera au total plus de 15 ascensions dans le mât !), mais sans avoir pu mener une réparation complète. Safran concède alors 360 milles de retard sur Roxy. Mais sa remontée de l’Atlantique Sud sera un modèle du genre. Le long des côtes de l’Amérique du Sud, Safran slalome entre les plate-formes pétrolières et les pêcheurs, Marc Guillemot joue sa carte météo à fond, évite le piège des calmes où s’encalmine Sam Davies… non sans s’être fait prendre en chasse par des pêcheurs furieux que Safran ait accroché involontairement leur ligne (!). Le grand monocoque gris et orange signe un joli coup stratégique. Le 21 janvier, au large de Rio de Janeiro, Safran a refait son retard sur Roxy et s’empare de la 4e place ! Le jeu du chat et la souris continue entre Marco et Sam. Le 30, Safran passe l’Equateur alors qu’un nouveau coup du sort frappe la course : Roland Jourdain, 2e, perd sa quille ! Le 2 février, alors que Michel Desjoyeaux a remporté la course la veille, « Bilou » est contraint à l’abandon aux Açores. Marc, lui, part à l’attaque en entamant le contournement par l’ouest de l’anticyclone des Açores : il accepte de perdre du terrain sur Roxy... pour mieux en regagner ensuite. Quelques jours plus tard, juste avant l’archipel des Açores, il recueille les fruits de son investissement en passant devant Roxy !Troisième !
Mille milles sans quille : l’exploit insensé
Mais le 9 février, à un millier de milles des Sables d’Olonne, le coup de théâtre est brutal : la quille de Safran bouge dangereusement d’avant en arrière… et finit par se décrocher quelques heures plus tard ! On craint au pire le chavirage, au mieux l’abandon. Immense désillusion ? C’est sans compter sur l’incroyable Monsieur Guillemot : il continue ! Sur un dériveur de 18 mètres ballasté à fond, « la barre dans une main et l’écoute dans l’autre ». On tremble avec lui, mais ça tient.
Ce traitement « hyper stressant, où les situations chaudes se multiplient » va durer… une semaine, jusqu’à la délivrance, la nuit dernière, après une dernière journée de folie où on a cru la 3e place perdue, puis gagnée, puis perdue puis gagnée de nouveau… Au final, Safran franchit la ligne d’arrivée le lundi 16 février à 2h21, dans le vrombissement d’un essaim de bateaux spectateurs. Marc Guillemot se hisse sur le podium devant Sam Davies pour… 80 minutes. Une heure et vingt minutes, au terme d’un périple de 28 401 milles (1) et 95 jours, 3 heures, 19 minutes et 36 secondes de mer ! Incroyable.
L’arrivée : l’émotion, la fierté et le bonheur
A l’arrivée, l’émotion est énorme aux Sables d’Olonne, quand Marco invite Roland Jourdain, Jean Le Cam, Kito de Pavant et Yann Eliès à remonter le chenal à ses côtés, sur Safran. Rires, cris, danses, fumigènes… l’image est inédite, drôle et émouvante. « Je voulais simplement partager ce moment avec ceux qui n’ont pas eu cette chance de finir », déclare Marc au ponton. Là, sous les flashs des caméras dans la nuit glaciale, il serre longuement Yann Eliès dans ses bras, embrasse Sam Davies, a un mot gentil pour chacun. Il y a des histoires comme ça qui sont belles. Vraiment belles.
Le Groupe SAFRAN remercie Marc Guillemot pour le brillant exploit qu’il vient de réaliser dans la plus prestigieuse et difficile des courses à la voile : le Vendée Globe. Tout au long de son tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, Marc a démontré une combativité, une humanité et une solidarité sans faille et ce dans des conditions exceptionnellement difficiles. Jean-Paul Herteman, Président du directoire SAFRAN s’est exprimé en ces termes à l’arrivée du bateau aux Sables d’Olonne : « Le Groupe SAFRAN et ses 54 000 salariés sont très fiers de la performance réalisée par Marc Guillemot. Notre skipper avec qui nous faisons route depuis 3 ans a formidablement défendu les couleurs de notre Groupe. Sa détermination et son courage face aux nombreuses difficultés qui ont jalonné son tour du monde et l’assistance apportée à Yann Eliès dans les mers du Sud sont un exemple pour tous. Amener sur le podium un bateau privé d’une partie de sa voilure et de sa quille est un exploit digne des plus grands ».
(1) Safran est arrivé aux Sables d’Olonne le lundi 16 février 2009 à 01h21 TU (2h21 heure française) : Temps de course : 95 jours 3 heures 19 mn et 36 sec (après retrait des 82 heures de crédit pour le sauvetage de Yann Eliès). Distance réelle parcourue sur l’eau : 28401 milles nautiques. - Vitesse réelle sur l’eau : 12.44 noeuds - Vitesse moyenne sur le parcours : 10.88 nœuds.
***
SAFRAN est un groupe international de haute technologie leader dans les domaines de la propulsion aéronautique et spatiale, des équipements aéronautiques et de la défense sécurité. Le Groupe emploie 57 000 personnes dans plus de 30 pays, pour un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards d’euros. Composé de nombreuses sociétés aux marques prestigieuses, le groupe SAFRAN occupe, seul ou en partenariat, des positions de premier plan mondial ou européen sur ses marchés. SAFRAN est une société cotée sur NYSE Euronext Paris et fait partie des indices SBF 120 et Euronext 100.
En savoir plus
Mille et une vagues | Soazig Gueho | Tel : 06 62 08 75 44
SAFRAN | Catherine MALEK | Tél : 01 40 60 80 28 | Fax : 01 40 60 80 26 | catherine.malek@safran.fr