Handicapé par un problème technique qui l’empêche pour l’instant d’envoyer son grand foc solent, Marc Guillemot arrive tout de même à suivre le rythme imposé par les leaders de la classe Imoca qui naviguent sur la bordure nord de l’anticyclone des Açores. Le skipper du monocoque Safran espère pouvoir résoudre le problème cet après-midi…
Depuis le départ Marc Guillemot ne peut envoyer son grand foc solent, ce qui ne l’a pas trop handicapé ces deux derniers jours lorsque le vent a forci au large de Ouessant. Mais en allant flirter avec les hautes pressions de l’anticyclone des Açores, la brise a commencé à mollir à une douzaine de nœuds, la fourchette basse de vent pour porter encore la trinquette. Depuis ce matin, quand le vent a tourné vers l’ouest - sud-ouest, la vitesse de progression de Safran s’est avérée légèrement en retrait par rapport à ses concurrents les plus proches : la flotte est en effet très groupée puisque Kito de Pavant (Groupe Bel) a croisé Marc Guillemot dans la nuit à quelques dizaines de mètres de lui seulement !
Marc Guillemot à 9h30 : « je suis dans la course ! »
« Je ne peux pas mettre mon grand foc à cause du « hook », le crochet qui bloque la voile sans fatiguer la drisse. Le système est simple et n’a jamais connu de problème, mais voilà : il doit y avoir une poussière ou autre chose qui empêche le crochet de se refermer. Mais dès que la mer et le vent se calmeront, je vais essayer de résoudre ce problème. Ce qu’il ne faut pas, c’est que la voile tombe à l’eau car je ne veux pas la perdre ou m’épuiser à la remonter à bord gorgée d’eau… Heureusement, le mécanisme se commande d’ en bas et je n’ai donc pas besoin de monter dans le mât. Avec le vent qui tourne un peu depuis hier soir en mollissant, je perds des milles en ce moment. Je navigue donc sous trinquette et grand-voile depuis la Manche. J’ai pu rester dans le paquet parce qu’il y avait suffisamment de vent. Malgré ce souci technique qui m’a vraiment contrarié, je suis en forme et dans la course ! »
Depuis la fin de la nuit, Safran navigue bâbord amures après avoir viré de bord en même temps que Vincent Riou (PRB) et Roland Jourdain (Veolia Environnement). L’objectif de Marc Guillemot est de se rapprocher de la route directe et de bénéficier, par une trajectoire plus septentrionale, d’une brise plus soutenue supérieure à treize nœuds. Le groupe des sept monocoques Imoca parti au Nord cherche en effet à frôler les hautes pressions, mais avec le risque de s’enferrer dans des calmes. Le vent doit lentement basculer vers le sud-ouest dans les prochaines heures. C’est donc une longue trace vers l’Ouest qui s’annonce pour Safran jusqu’au front froid qu’il devrait traverser probablement jeudi soir ou vendredi matin...
Classement à 12h00 le 03 novembre 2010
1- Armel Le Cléac’h à 2 849,2 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain à 10,5 milles du leader
3- Christopher Pratt à 14,1 milles du leader
4- Jean-Pierre Dick à 17,2 milles du leader
5- Vincent Riou à 23,1 milles du leader
6- Marc Guillemot (Safran) à 30,4 milles du leader
7- Kito de Pavant à 34,5 milles du leader
8- Michel Desjoyeaux à 134,6 milles du leader
9- Arnaud Boissières à 163,8 milles du leader
En savoir plus sur les voiles d’avant :
| Voile | Surface | Plage d’utilisation (vitesse du vent) |
|---|---|---|
| Code 0 | 180m² | 0 à 8 nds |
| Solent | 130m² | 8 à 15 nds |
| Trinquette | 95m² | 15 à 25 nds |
| ORC | 45m² | 25 à 40 nds |