Marc Guillemot a remis le cap vers l’est, le très émouvant sauvetage de Yann Elies hier, commenté en direct par le skipper de Safran qui a été à la fois le premier secours de son ami, le relais de la Marine Australienne et les yeux de tous sur la zone. Après cette folle journée, Marc a repris son chemin pour la deuxième moitié de ce Vendée Globe.
« Hier, quand j’ai dit au revoir aux sauveteurs pour continuer mon tour du monde, ils m’ont dit en rigolant que les navigateurs français étaient des ‘crazy guys’, des gens complètement fous ! » Marc Guillemot plaisante et se remet tout juste de ses émotions, vingt-quatre heures après avoir terminé le sauvetage de Yann Eliès. Marc se réjouit encore de savoir que Yann va mieux. S’étonne quand on lui apprend qu’il a fait pleurer des milliers de gens pendant l’évacuation de son ami, que des centaines de messages de remerciements et de respect affluent toujours sur son site Internet ou encore que les images qu’il a tournées pendant l’évacuation font le tour des écrans de télévision de la planète.
« Passé par toutes les émotions »
« On ne se rend pas compte de ça dans l’action. Mais c’est vrai que c’était une journée complètement folle (rires) ! Je suis passé par toutes les émotions et sous certains aspects il y avait aussi du burlesque dans cette journée : entre communiquer avec Yann, avec les sauveteurs, avec la direction de course, manœuvrer mon bateau, filmer, prendre des photos, témoigner. Il y a eu des épisodes vraiment comiques, quand je parlais en même temps aux sauveteurs et à la vacation sans plus trop savoir qui était à la VHF et qui était sur le téléphone satellite… et d’autres un peu chauds, par exemple quand je n’arrivais pas à abattre et que l’énorme frégate était juste à côté de Safran : on aurait eu l’air malin à se rentrer dedans ! Mais ils ont été super. »
« J’ai renvoyé de la toile »
Coiffé du bonnet de la Royal Australian Navy offert par les sauveteurs dans un petit « paquet de Noël », Marc a repris sa route depuis hier samedi à 12h TU (13h en France), certain que Yann était maintenant en sécurité. « J’ai pris le temps de me remettre de mes émotions – il y en a eu tellement - j’ai fait un vrai gueuleton, le vent était faible, 10 nœuds, j’en ai profité. Le pain australien était moelleux à souhait, l’orange délicieuse. J’ai dormi un peu… et puis j’ai renvoyé de la toile. » Car voilà, il reste un peu plus d’un demi-tour du monde à boucler. « Et même si ce sera un peu virtuel puisque les leaders sont loin, je n’ai aucune intention de rentrer en mode convoyage : je suis sous spi et d’attaque ! »
Le skipper de Safran se retrouve désormais à environ 420 milles du 7e Jean-Pierre Dick, à 920 milles de Vincent Riou, qu’il attaquait avant de se dérouter sur l’accident de Generali, et à plus de 1380 milles du leader Michel Desjoyeaux. La bonne nouvelle, est qu’il a réussi à renvoyer sa grand’voile au deuxième ris en raison du rail qui est toujours endommagé. A l’avant, il navigue sous spi et dans des conditions toujours légères ce dimanche midi. « Je dois organiser la réparation de mon rail de grand’voile. Tout est prêt pour réaliser cela dans 3 ou 8 jours selon les conditions et enfin renvoyer la voile haute », précise Marc. Le bonus en temps qui lui sera accordé par le jury international ? « Je ne veux pas m’occuper de ça, je ne regarde même pas trop le classement pour le moment, je fais totale confiance aux gens compétents. On sait bien que c’est par définition insatisfaisant ce genre de choses, soit pour celui qui le reçoit soit pour les autres. Ce que je me dis pour le moment c’est que je fais marcher le bateau au mieux de ses possibilités, le plus vite possible, même si ma position et les conditions météo sont évidemment moins favorables que celle de la stratégie que j’avais avant de me dérouter vers Yann ».
Une autre course commence
L’avenir, est devant l’étrave de Safran : une traversée d’Océan Indien à terminer avant de s’attaquer au très long Pacifique. Le moral et le physique sont au top, avec l’énorme satisfaction du devoir accompli en prime. Le bateau n’est pas encore à 100% de ses possibilités, mais cela viendra. Une autre course commence pour « Monsieur Marc Guillemot », comme l’appellent désormais d’innombrables fans sur le site safransixty.com.
Au pointage de 11h ce matin, Safran était classé 9e, à 13 313 milles des Sables d’Olonne, par 47°00 Sud et 125°37 Est. Marc Guillemot devançait alors Brian Thompson (Bahrain Team Pindar, 10e) de 156 milles et suivait à 26 milles le Roxy de Samantha Davies, 8e. Marc naviguait alors à 12 nœuds, soit plus de deux nœuds plus vite que ces deux bateaux qui l’encadrent et aussi vite que Jean-Pierre Dick et Vincent Riou (PRB, 6e). Safran est de retour aux affaires, c’est clair !
***
SAFRAN est un groupe international de haute technologie centré sur la propulsion aéronautique et spatiale, les équipements aéronautiques et la défense sécurité. Au 31 décembre 2007, le Groupe employait plus de 63 000 personnes dans plus de 30 pays, pour un chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros. Composé de nombreuses sociétés aux marques prestigieuses, le groupe SAFRAN occupe, seul ou en partenariat, des positions de premier plan mondial ou européen sur ses marchés.
En savoir plus
Mille et une vagues | Soazig Gueho | Tel : 06 62 08 75 44 | Marie Le Berrigaud | Tel : 06 03 49 39 04 | press@safransixty.com
SAFRAN | Jocelyne Terrien | Tél : 01 40 60 80 28 | Fax : 01 40 60 80 26 | jocelyne.terrien@safran.fr