Une dernière semaine de course musclée
Le 12/12/2011 - 15h56Le passage de front a été brutal sur la Transat B to B, avec des vents jusqu’à plus de 40 nœuds. A bord de Safran, Marc Guillemot a eu son lot de petits ennuis. Mais il garde le moral et continue de penser que cette course en solo constitue une excellente préparation au Vendée Globe.
"Avec mes camarades sudistes, François sur Macif et Armel sur Banque Populaire, on peut dire que nous sommes passés directement de l’été à l’hiver !" Marc Guillemot a eu un dimanche (10 décembre, ndr) plus que mouvementé à bord de Safran. « Je suis remonté chercher le front et effectivement au moment de le passer ça a été... assez tonique : pluies torrentielles, gros grains, vent très instable en force et en direction, j’ai même été obligé de prendre le troisième ris ! Dans ces conditions-là, il est très difficile de porter exactement la toile du temps. Soit tu es bien toilé dans le vent fort, mais dans ce cas tu n’as plus assez de voiles établies quand arrive la molle… soit l’inverse ! » Autre exemple évocateur : « J’étais sous pilote automatique en mode vent (dans ce cas le pilote suit l’orientation du vent, ndr), je faisais cap au 20°, vers le nord-est, et d’un seul coup je me suis retrouvé à faire du 120° (sud-est) ! Cent degrés d’écart, ce n’est pas de la petite bascule ! Quelqu’un qui aurait regardé ma trace à ce moment-là sans tenir compte de la situation météo m’aurait pris pour un fou ! Le tout dans 37 nœuds de vent moyen, 42 dans les rafales... C’était vraiment sport ! », racontait Marc ce matin au téléphone.

Une bonne préparation
Un problème sur une voile d’avant a mis la condition physique du skipper de Safran à rude épreuve : le code 5 mal déroulé s’était emmêlé. "C’était chaud, dans du vent soutenu et de la mer. J’ai dû me battre pendant trois bonnes heures pour réussir à enfin le descendre et le faire tomber en vrac à l’intérieur du bateau, à l’aide d’un système de bouts que j’ai fait revenir dans la descente. Mais j’ai bien cru que je n’y arriverais jamais ! Résultat, j’ai subi un peu au classement mais j’avoue que ce n’était pas la priorité à ce moment-là. Après ça, j’étais totalement rincé, il fallait vraiment que je récupère. Je voulais une bonne préparation au Vendée Globe... pour ça, je suis servi ! »
Lorient express
Derrière ce front, un vent de nord-nord-ouest propulse les bateaux à vitesse élevée vers la France qui se trouvent actuellement à un millier de milles au grand large de New-York. « C’est plus raisonnable, une trentaine de nœuds, mais il faut être vigilant : notamment parce qu’il y a des cargos dans cette zone. Je viens d’en croiser un de près voilà quelques heures », précisait Marc. Ces conditions de vent portant devraient se maintenir toute la semaine, à tel point qu’une arrivée à Lorient est envisagée dès la fin de cette semaine. L’inquiétude réside dans un gros coup de vent attendu vendredi dans le golfe de Gascogne, avec des vents de 50 à 60 nœuds, donnant comme un avant-goût de grand Sud austral…
Porte de sortie
Mais le risque est élevé d’envoyer la flotte dans ce très mauvais temps. C’est pourquoi, après avoir consulté les concurrents, la direction de course a décidé de mettre en place une « porte », c’est-à-dire une zone de passage obligée (comme les « portes de sécurité des glaces » sur le Vendée Globe). La totalité de la flotte devra ainsi traverser une zone entre les Açores et l’Espagne, en coupant une ligne imaginaire entre 20°Ouest / 42°Nord et 16° Ouest / 42° Nord. Cette route plus sud devrait permettre aux solitaires de laisser le mauvais temps dans le haut des cartes… avant de remettre du nord dans leur cap vers Lorient, où les premiers sont attendus dès samedi prochain.
Pointage de 11h30 lundi 12 décembre 2011 :
Safran 6e à 198 milles du leader Macif, par 41°03 Nord et 44°56 Ouest. Vitesse 13,6 nœuds. A 1 802 milles de l’arrivée à Lorient.